« De Quimper à Cayenne le singulier destin d’une bretonne » de Jean-François Tifiou : déchéance et rédemption dans l'enfer du bagne

Yvan MARCOU

« De Quimper à Cayenne le singulier destin d’une bretonne » de Jean-FrançoisTifiou retrace la vie de Marie-Corentine au bagne de Saint-Laurent du Maroni entre 1887 et 1903. Une histoire poignante, romancée qui décrit le quotidien de ces femmes rejetées par la société au 19e siècle.

De Quimper à Cayenne le singulier destin d’une bretonne » aux éditions Feedback écrit par Jean-François Tifiou retrace la vie de Marie-Corentine la grand-mère de l’auteur. Elle fait partie des 519 reléguées envoyées au bagne de Saint-Laurent du Maroni entre 1859 et 1914. Une histoire poignante, romancée qui décrit le quotidien de ces femmes rejetées par la société au 19e siècle.

Jean-François Tifiou a voulu rendre sa dignité à une femme de cœur, sa grand-mère, reléguée au bagne de Saint Laurent du Maroni où elle mourra à l’âge de 41 ans. C’est une histoire vraie. Une histoire romancée certes, mais le singulier destin de Marie-Corentine y est raconté avec beaucoup de justesse et d’émotion.

Marie-Corentine est une jeune bretonne née au 19e siècle dans un milieu rural, modeste. Elle est curieuse, aime la lecture et l’écriture mais se résigne à vivre une existence simple dans son petit village du Finistère. Elle est très pieuse, se marie. De cette union naîtront deux enfants. Une vie normale, honnête. Et puis le destin s’en mêle.

Son époux décède ainsi que sa fille. Il ne lui reste que son fils : Joseph. Le sort s’acharne. Ils se retrouvent à mendier, dans le dénuement le plus total. Une descente aux enfers. Pour survivre et manger, elle n’aura pas d’autre choix que de voler. Elle est arrêtée, plusieurs fois, jusqu’à la fois de trop, jugée, condamnée pour un vol à l’étalage dans une épicerie : trois mois de prison à Quimper et la relégation en Guyane jusqu’à sa mort en 1903 à l’âge de 41 ans.

Dans le roman, Jean-François Tifioux raconte la vie de Marie-Corentine. Il a fait des recherches poussées pour restituer au mieux l’atmosphère de l’époque, marquée par une forte instabilité politique, sociale et économique. L’auteur effectue un véritable travail d’historien pour recontexter l’histoire aussi bien à Quimper, qu’en Guyane. Il illustre les chapitres de son ouvrage avec un certain nombre de documents de l’époque, des documents précieux : certificat de décès, jugement, lettres.Marie-Corentine avait la chance de savoir lire et écrire, des connaissances qui lui ont permis de se démarquer et de faire évoluer sa condition.

Les femmes bagnardes...une histoire oubliée
« De Quimper à Cayenne le singulier destin d’une bretonne » de Jean-François Tifiou : déchéance et rédemption dans l'enfer du bagne
Un roman qui met l’accent sur une histoire quelque peu occultée : celle des femmes bagnardes. Un exil forcé qui a duré de 1853 à 1914. La Guyane était présentée comme la terre de la nouvelle chance. Près de 900 femmes ont vécu l’enfer du bagne. Elles étaient transportées, autrement dit condamnées aux travaux forcés ou reléguées -les récidivistes-qui au bout de quatre condamnations mineures étaient envoyées au bagne.
Ces femmes représentaient selon les autorités, une menace pour la société. Surveillées par des religieuses, elles travaillaient dans des conditions extrêmement précaires. Certaines ont eu la chance de se marier, d'autres ont été prostituées par des bagnards. Peu en sont revenues.
Cet ouvrage est l’occasion de leur rendre hommage. "De Quimper à cayenne, le singulier destin d’une Bretonne" de Jean-François Tifiou aux éditions Feedback.


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